Depuis fort longtemps, le cheval a été employé pour aider l'homme. Alourdi au 19ième siècle pour tirer la charrue devenue réversible ou les charriots de plus en plus lourds, le cheval n'a que très peu changer dans son allure de prédilection qu'est le pas de travail. De nos jours, il marche toujours entre 4,5 et 6 km/h.

Le matériel en forêt a aussi très peu évolué. Et cependant...

La Belgique garde une spécificité dans le menage des chevaux en forêt comme aux champs. Partout ailleurs dans le monde, les chevaux sont conduits au moyen de guides, une gauche et une droite reliant le mors; chez nous comme dans le Nord de la France, on travaille au "cordeau". On parle aussi de "cordon", de "corde", de "lignette"… Oui, une simple corde passant par un anneau avant de rejoindre les deux branches du mors pour guider le cheval tant à droite qu'à gauche. De prime abord, loin d'une évidence !

Cette manière de faire comporte l’avantage premier de pouvoir conduire le cheval en se plaçant indifféremment à sa gauche ou à sa droite. Mais aussi de laisser une main libre de conduite, disponible pour d’autres usages comme replacer la chaîne ou la tendre dans une direction, ou régler la mécanique d'un engin.

Pour la conduite au cordeau, il faut un cheval calme, confiant et surtout bien débourré à la parole, qui marche d’un pas régulier, pas un "trottineur" qui se sauve avec la charge. On considère qu’il faut environ un an de dressage avant d’avoir un bon cheval aux ordres et qui tire posément.

Les ordres sont des plus simples. On dit "hue !" pour avancer et "hoo !" pour arrêter en fermant les doigts. On dit "haarr !" pour aller à gauche en gardant le cordeau d'une tension continue, alors qu'on dit "Hieeh !" pour aller à droite avec une tension discontinue du cordeau.

Le débardeur emploie, de préférence à la bricole, le collier car il est plus approprié aux lourdes charges car il pose sur une surface plus importante des épaules, ce qui répartit mieux la charge.

Le collier peut être construit avec des attelles de bois, d’alliage léger ou de matière synthétique. Il est garni de matelassures de cuir et encore aujourd’hui rembourré de crins et de paille de seigle. Chaque collier est fait sur mesure et n’appartient qu’à un seul cheval qui l’a rodé selon sa propre morphologie. Certains emploient des mousses modernes à mémoire de forme, mais elles ne font pas l'unanimité dans le landerneau des débardeurs, loin s'en faut.

Le collier dit "flamand" est le plus couramment utilisé chez nous, mais il existe aussi le collier comtois ou le suédois, et dans d’autres contrées encore d'autres.

Sur le dos du cheval, passe une sangle de cuir large, qui rappelle la sellette d’attelage bouclée sur le coté du ventre, et qui sert à maintenir en place le collier et l'empêcher de partir en avant quand le cheval est en descente.

Des attelles particulières appelées "avant-traits" ou "baguettes d'avant-traits" relient le collier et les traits à la charge. Ces tiges de fer habillement forgées et cintrées évitent aux traits la compression de la cage thoracique du cheval. Elles sont prolongées par les traits proprement dits. Souvent ceux-ci sont en chaînes, en sangles ou encore en cordes. Les traits sont attachés à un palonnier, sorte de traverse en bois ou en fer, qui garde les traits écartés au minimum d’une largeur de cheval pour ne pas blesser les membres lors de la traction et sur lequel est amarré en son centre un crochet qui permet l'attache de la ou des chaînettes. La chaînette se termine par un crochet spécial et plat qui empêche la maille de la chaîne de s’échapper.

Parfois, on rencontre aussi des ressorts sur la terminaison des traits ou aussi sur le crochet central du palonnier, mais cela est peu courant et quelquefois sujet à controverse sur son utilité réelle.

Peu d'évolution donc à travers les siècles passés. La simplicité règne ici en maître.