Le gros blues des débardeurs.

C'est sous ce titre volontairement racoleur que Jean-Luc BODEUX journaliste au journal "Le Soir" tente dans l'édition du 27/07/2015 d'alerter le politique lors de la Foire de Libramont.

"Le risque est grand que le métier de débardeur au cheval disparaisse à jamais de Wallonie".

 Il fut un temps, pas encore si éloigné de nous, où tous les pays environnants louaient le savoir-faire des débardeurs wallons au cheval. Mais le temps a terni cette image quasi idyllique. Et pas seulement le temps...

Bien sûr, le politique, et principalement Benoît LUTGEN, alors ministre régional, avait déjà pris la mesure de la problématique. Par la circulaire n° 2686 du 26/12/2006, il portait en forêt domaniale l'obligation de sortir 30% des résineux de moins de 70 cm. de circ. à 1,50 m. au cheval.

Malheureusement, aucune mesure de contrôle et de monitoring ne fut mise en place pour assurer un minimum de suivi à cette mesure pourtant obligatoire. Le risque politique n'était pas bien grand. En effet, en 2006, le débardeur au cheval comptait encore près d'une centaine de travailleurs et plus de 200 chevaux.

Suite à la pression du lobbying des exploitants forestiers, les machines, ébrancheuses, billoneuses et porteurs forestiers ont remplacés les chevaux.

Même l'Agent des Forêts du DNF voit d'un oeil émerveillé tant de modernité dans ces machines si sophistiquées et méprise le cheval devenu à ses yeux ringard et promu par de véritables "anciens belges".

On veut du rendement à tout prix. Au diable la protection des arbres et des chemins, au diable le tassement des sols. On quadrille la forêt de cloisonnements d'exploitation toutes les 6 ou 7 lignes pour adapter la forêt à la machine. Ces cloisonnements enlèvent artificiellement près de 15% de la surface productive à l'hectare sans que nos communes ne s'en émeuvent. Ces cloisonnements sont en place pour la machine, donc pas besoin de mesures de contrôle, l'exploitant peut y faire ce qu'il veut, c'est prévu comme cela, tant qu'il reste sur le cloisonnement. Et à l'avenir ? La majorité de ces cloisonnements seront même devenus franchement inutiles, quand ce n'est pas infranchissables à jamais par mauvais temps pour les machines elles-mêmes pour qui ils ont été créés. 

Presque plus aucun bois en long n'est proposé au débardeur au cheval. Le billon règne en maître. Pourtant, ces ébrancheuses mordent à pleines griffes dans le bois qui sèche très vite et perd ainsi de ses qualités mécaniques. Qu'importe ! La tonne a de l'avenir dans le papier, la trituration pour les panneaux ou le bois énergie, pas le bois matière de nos constructions... "Notre pays est trop petit pour concurrencer les forêts du Nord ou de l'Est"...entendons-nous fréquemment...

Dans quel monde on vit ?

L'agent forestier travaille sur 2 voire 3 générations pour fournir au marché un bois de qualité que l'on exploite pour de la tonne... Quelle giffle ! quel gâchis ! Et personne ne semble à nouveau s'en émouvoir...

Voici les quelques articles évoqués .

http://www.lesoir.be/946824/article/actualite/regions/namur-luxembourg/2015-07-27/libramont-gros-blues-des-debardeurs

 http://www.foretwallonne.be/index.php/component/content/article?id=723:situation-du-debardage-au-cheval-en-region-wallonne-enquete-aupres-des-debardeurs.html

www.photos-moes.be/Pages/articles/foretwal12_2013.pdf